Nous avons déjà franchi le cap des 45 ventes ! Ben oui il faut bien débuter lol ;)
Quelques bloggueurs ont exigé plusieurs fois des extraits, donc en accord avec mon contrat d'édition, voici en exclusivité pour vous ce soir les 4 premiers chapitres de ce roman :
- Je suis venu ici sur le conseil de mes proches. Mais je ne vous cache pas que je ne crois pas en votre pouvoir. Il est parfaitement impossible que vous puissiez faire quelque chose pour moi.
- Que faudrait-il que je fasse d'aussi extraordinaire pour te prouver le contraire ?
- C'est inutile. On ne peut pas changer le passé...
- Alors contentons-nous seulement d'admettre que justement non, j'en sois capable. Admettons que je possède le moyen de te renvoyer dans ton passé au jour et à l'heure exacte de l'événement de ton choix, et que la seule condition pour rendre ce voyage possible soit de renoncer à tout ce que tu as vécu depuis le moment précis où il s'est produit, même en souvenir. Admettons dans le même temps que je puisse te donner cette chance de revivre ta vie dans les mêmes conditions, à un détail près. Que dirais-tu si c'était possible ?
- Je dirais qu'il faudrait choisir judicieusement le moment et le détail.
- Et tu aurais raison ! Car c'est bien là tout le problème, sorti du fait que plus on remonte loin, plus les conséquences sont radicales...
- Vous voulez dire qu'un détail d'apparence anodine, le fait de rencontrer ou non quelqu'un à une époque donnée peut totalement faire basculer mon avenir ?
- Ou ton présent...
- Ça ne rime à rien.
- Ce n'est qu'une problématique parmi d'autres. N'as-tu pas envie de savoir où cette simple hypothèse de départ peut nous conduire ?
- Non, mais puisque de toute façon je suis coincé ici, autant que l'un d'entre nous y trouve son intérêt... Admettons, comme vous dîtes. Et après ?
- Après ? Eh bien ! Commence déjà par t'asseoir. Et puis raconte-moi en quoi un gamin de ton âge peut bien vouloir changer son passé...
2 ans auparavant...
"Je m'appelle Guillaume Artus. Le prénom d'un conquérant, le nom d'un roi. Et à l'époque, tout le reste du perdant. Lent, maladroit. Pas vraiment un intellectuel non plus. Devant la glace, pas grand chose pour rattraper le contenu. Une espèce de bouée autour d'abdos minables, une paire de lunettes grossières et des dents de sagesse en double file qui me torturent de temps à autre. Rien d'insurmontable, c'est vrai. Mais pris comme un ensemble, ça m'a suffi pour développer mon plus gros défaut : une timidité maladive.
Cela ne m'a toutefois pas empêché de décrocher un travail d'installateur de vérandas, malgré la "conjoncture actuelle". Je travaille en binôme avec un gars sympathique qui s'appelle Yann. Lui, c'est le genre à traiter les problèmes l'un après l'autre, avec une bienheureuse patience et surtout des résultats. Pour ma part, j'apprends. Il me charrie beaucoup, toutefois ses conseils sont rarement mauvais... sauf bien sûr en matière de roman.
Sur ce point, il n'a pas vraiment les mêmes affinités que moi. Je crois bon de vous indiquer maintenant que j'écris depuis longtemps. Certes il n'est pas une seule de mes histoires dont je sois totalement satisfait, excepté la plus récente, sur laquelle je fonde toujours beaucoup d'espoir, même si cela ne dure en général que le temps qui sépare son écriture de sa relecture. Seulement là, je suis sûr de tenir le bon bout. Je sais que je vais écrire le chef-d'½uvre...
- Celui qui va lancer ta carrière en France ou au Japon, termine mon collègue qui n'assiste pas là à mon premier délire littéraire.
- Exactement ! Mais cette fois, c'est sûr, il va être pris. Ils ne pourront pas me le refuser.
- Ça fait combien d'histoires que tu leur envoies, aux éditeurs ?
- Neuf.
- Et à chaque fois, tu l'expédies en colis recommandé avec accusé de réception, tu t'envoies une copie de l'original et tu t'aperçois deux jours après que tu as encore des modifications de dernière minute à lui apporter. Six à huit semaines plus tard, tu reçois un courrier sur un joli papier à en-tête qui t'annonce élégamment qu'il n'est pas pris.
- Et alors ?
- Alors tu t'en fous pour une fortune à chaque fois, et pour rien. Tu n'en as pas marre de claquer ton pognon dans des conneries pareilles ? Achète un de ces trucs à gratter. T'as les mêmes chances de faire fortune, et ça ne coûte qu'un ou deux euros... Tiens, le Loto, c'est bien aussi, le Loto !
- Ouais ! Peut-être, mais ça t'a rapporté quelque chose, à toi ?
- Tes histoires ne t'apporteront rien non plus, Guillaume. Et ce n'est pas seulement du pognon que tu gaspilles là-dedans. C'est aussi beaucoup de ton temps libre. Du temps que tu pourrais passer à dormir, d'ailleurs ! Parce que vu ton efficacité au boulot et la tronche de cadavre que tu te payes ce matin, tu n'as pas dû te coucher de bonne heure.
- Ben en fait, il était plus tôt que tard.
- T'es gravos, toi, quand même !
- Si tu le dis... Bon, je peux te la raconter, ma dernière idée mère ?
- Si ça te fait plaisir...
Alors que je lui expose ma nouvelle trouvaille, à laquelle il porte une oreille de laquelle je ne pourrais affirmer qu'elle est distraite, notre fourgon attrape la route de Marennes. Notre client est quelque part sur l'île d'Oléron. Une heure et demi de route, pas moins, à partir du dépôt. Sauf si les choses se passent merveilleusement bien, ce n'est pas encore ce soir que je pourrai aller chercher mon cadeau de fête des pères. Il intervient bientôt :
- Et il fera combien de pages cette fois-ci ?
- Oh ! Ça devrait tenir sur une trentaine de volumes d'environ deux-cent pages chacun.
Pour le coup, il en reste bouche bée.
- Ben quoi ? Si je veux écrire une biographie vraiment précise, il faut bien un livre par année de vie relatée !
- Guillaume ! Qui voudrait se taper 6000 pages sur la vie d'un type, même aussi extraordinaire que ton héros ?
- ... Ben je me suis dit que tu pourrais le lire au fur et à mesure.
- Non, non, non ! Tu m'as déjà fait le coup une fois. Là, tu oublies, mon vieux !
- Je te jure que celui-là...
- Celui-là pas plus qu'un autre ! Y'a pas un éditeur qui voudra publier ça. Ce n'est pas un roman, ton truc, c'est un annuaire !
Puis, me regardant à nouveau, il éclate de rire. Quoi qu'il en soit, je n'en démords pas. Cela peut paraître un projet de dingue, mais j'ai bien l'intention de le mener. Après tout, qu'ai-je d'autre à faire sorti du travail ? Excepté la chorale que j'ai intégrée pour ne plus subir les réflexions de mes parents sur mon comportement de solitaire reclus dans sa chambre, je ne vois personne et je ne sors jamais. J'aurais tout mon temps pour écrire cette histoire..."
"Je m'arrache rapidement de ma place de parking. Il est peut-être encore temps. Je m'engouffre dans une épouvantable circulation dans laquelle les bus ajoutent leur note poivrée au pot-pourri que composent en c½ur nos pots d'échappement. Pourtant cette heure reste ma préférée. Je me laisse aller dans le flux de la circulation pour rattraper la rocade. Et en attendant que ça se décante, j'allume la radio sur une station diffusant de grands classiques du jazz. Louis Armstrong, Charlie Parker, Ella Fitzgerald, Stan Getz...
Bref, je pourrais en parler pendant des heures, de même que l'animateur de l'émission. Je me souviens d'ailleurs que cela avait rapidement gavé Yann. Un soir que nous rentrions de Bordeaux, j'avais réussi à la capter sur le poste du fourgon. Face à la multitude d'anecdotes que l'illustre érudit de la radio avait réussi à pondre sur un morceau de deux minutes trente, mon collègue avait fini par craquer et – ce devait être la première fois depuis que nous travaillons ensemble – changé de station. Il m'avait alors rapidement expliqué pourquoi :
- J'ai assez de toi qui me raconte ta vie. Tu ne vas pas me rajouter celle de ce gars-là sur la conscience ! Je ne veux pas finir dans une soutane, moi !
- Moi je les aime bien, ses histoires.
- Ça, ça ne me surprend pas de toi !
Quoi qu'il en soit, ce soir, j'ai de la chance. Comme je passe devant la parfumerie, une place se libère justement entre une grosse moto rouge et une petite citadine... Non, je ne sais pas reconnaître les voitures. C'est un domaine qui ne me passionne pas, en fait. Même gamin, je ne jouais pas aux petites voitures, vous savez. Mon dada, c'était plutôt ces livres à paragraphes numérotés où vous choisissez ce que le héros va faire. Oui, dans l'esprit des jeux de rôle. D'ailleurs, il n'y a pas si longtemps, j'en lisais encore ! Vous verriez la collection que je possède à la maison...
Bref, j'arrive à faire un créneau ! C'est important de le noter, parce que la conduite en ville, ça n'a jamais été mon truc. En l'occurrence, je me suis toujours arrangé pour que mon collègue prenne le volant autant que faire se peut. En plus, lui, il adore ça, conduire. Pourtant des fois, on est allé dans des espèces de rues ! Même en rêve, je n'y aurais jamais engagé une roue, moi ! Vous voyez, ce sont des ruelles vraiment étroites, souvent à sens unique, avec tout juste la place de passer un doigt entre le mur et le rétroviseur. Ajoutez derrière nous une file de voiture prête à danser la farandole avec leur pare-chocs, et vous avez un authentique scénario catastrophe à mon point de vue !
Enfin, je descends de la voiture. Je fais attention à bien la fermer. Parce qu'aujourd'hui, vous n'imaginez pas le nombre de vols qui se font en plein jour, quasiment à la barbe des propriétaires ! Que dites-vous ? Aller à l'essentiel... Ce n'est pas vous qui souhaitiez tout savoir de ma vie ? Comment ? Juste le point où ça a basculé ? Il faut bien que je vous plante le décor. En vérité, c'est plus complexe que vous ne pensez. Quoi ? Embrouillé, plutôt ? Possible... Alors entrons directement dans la parfumerie."
.3.
Quand il est entré dans la parfumerie, elle l'avait déjà repéré. Elle s'était dit qu'il man½uvrait plutôt bien pour un automobiliste. A la tête d'ahuri qu'il affiche à présent devant la multitude de boites et de flacons qui lui font face, elle a compris que le choix du parfum n'était déjà plus aussi évident à ses yeux.
A sa tenue, Alice devine que le garçon vient de débaucher. A la poussière blanche qui poudre encore sur son jean et son blouson sans manche, elle suppose qu'il doit être ouvrier. Mais elle demeure incapable de dire dans quel domaine. Comme ses collègues sont occupées, elle s'approche de lui.
- Je peux vous aider, monsieur ?
Guillaume reste un instant interdit devant cette apparition. La première chose qui l'a frappé chez elle, ce sont ses yeux. Cette réflexion pourrait paraître banale, voire puérile, s'il avait été en face d'autres yeux que ceux d'Alice. Car de tous les plus beaux ciels d'été qu'il lui a été donné de contempler, celui-ci arrive de loin devant les autres. Car il n'est que dans ces nuances de bleu qu'il a aussi vu briller toutes les étoiles de la Création.
- Tout va bien ? repart-elle en esquissant un sourire.
Son sourire. A la fois rempli de charme et de grâce, il est de ces trésors à l'apparition desquels tout le reste disparaît. Seule demeure la tendresse de ce doux visage, comme la caresse d'un ange contre le c½ur. Un poids sur la poitrine qui coupe le souffle de Guillaume et lui noue si bien la gorge qu'il n'arrive à répondre que dans un murmure :
- Je... C'est bientôt la fête des pères...
- Et vous voulez être sûr de faire le bon choix. Il est plutôt ville ou plutôt campagne, votre père ?
- Plutôt campagne...
- Est-ce quelqu'un d'ouvert ?
- Oh ça non, c'est un vrai sauvage ! Enfin, je veux dire, il est... réservé ?
Comme elle tourne les yeux vers les parfums, Guillaume se mord les lèvres d'être aussi maladroit. Elle ne pensait pas que le simple fait d'acheter un parfum pouvait angoisser quelqu'un à ce point. Convaincue qu'ils n'arriveront à rien si elle ne prend pas les devants, elle repart bientôt :
- Aime-t-il les parfums verts ?
- Je ne pense pas que cette couleur lui pose un problème.
Se tournant vers Guillaume, les pommettes d'Alice se soulèvent davantage. Alors qu'elle cherche à lire sur son visage s'il plaisantait ou non, la lumière dichroïque des lampes halogène éclairant les étagères de verre donne à ses longs cheveux bouclés de charmantes nuances de cuivre et d'or. Comme son jeune client reste à contempler ses cheveux, elle finit par saisir une petite languette de papier dans un des quelques paniers disposés à l'attention des personnes désireuses de sentir plusieurs parfums sans pour autant embaumer à vingt mètres à leur départ du magasin.
Tandis qu'elle saisit un flacon, Guillaume détaille ses mains, à moitié absent. De petits doigts aux ongles courts, mais soignés. Elle devait appartenir à cette catégorie de filles qui se rongent les ongles dès que quelque chose les préoccupe. Toutefois ce devait être avant de travailler ici. Ses paumes douces, ses doigts potelés tout juste sortis de l'enfance laissent indiquer qu'elle est toute jeune. Aux yeux du garçon, elle peut avoir entre dix-huit et vingt ans.
Comme elle cesse de secouer son petit bout de carton, elle le lui tend. Alors que son acheteur porte à son nez une senteur fraîche, vivifiante et iodée, Alice risque :
- C'est ce que j'entendais par vert...
Inspirant un peu trop fort, Guillaume éternue tout d'un coup. Sursautant, Alice distingue du coin de l'½il une de ses collègues lui faire une grimace significative. S'excusant, le garçon enlève ses lunettes pour essuyer d'un revers de manche les larmes que le parfum a fait naître dans ses yeux. Comme ses verres sont photochromiques et que la journée a été particulièrement ensoleillée, ces grosses bésicles cachaient encore à la jeune vendeuse le regard de Guillaume. Face à l'expression toute particulière de ses grands yeux noirs, elle éprouve une étrange sensation qui s'estompe dès qu'il esquisse un sourire pour prononcer de sa voix effacée :
- J'aime beaucoup, mais...
- C'est peut-être un peu trop fruité ?
- C'est ça.
- On va chercher quelque chose de plus soutenu, alors...
- Si vous avez besoin d'un conseil, d'un soin ou de quoi que ce soit d'autre, n'hésitez pas à passer ! dit Alice en tendant au garçon une petite poche remplie d'échantillons et du parfum enfin choisi.
- Je n'y manquerai pas... Merci ! Euh ! Au revoir...
- Au revoir...
Comme le jeune homme quitte enfin la parfumerie, la collègue d'Alice s'empresse de fermer à clef la porte vitrée :
- Huit heures cinq ! Le petit con ! La prochaine fois, tu me l'expédies plus vite que ça, lui !
- Il voulait être sûr de faire plaisir à son père... hésite Alice.
- Il n'avait qu'à lui acheter une bouteille de pinard, alors ! Moi, mon père, tu lui donnes un truc qui se mange ou qui se boit, tu fais un heureux ! Et tu ne passes pas une heure et demi dans une parfumerie...
- Il aime son père, Cécile. C'est important à ses yeux, ce cadeau.
- Eh, Alice ! Moi aussi, j'aime mon père. N'empêche que dimanche prochain, il aura du saucisson et du vin vieux. Et il sera content.
- Ah oui ? Et on peut savoir ce que c'est que ce paquet que tu as emballé aux frais de la maison ?
- Je... Quoi qu'il en soit, il veut toujours le même parfum, lui !
Alice file alors dans l'arrière-boutique pour se changer. Abandonnant son tailleur deux pièces, elle enfile simplement un jean et un T-shirt blanc. Le casque suffira largement pour ce qui est de lui donner chaud. Prenant ses quelques affaires, elle quitte la parfumerie par la sortie de derrière pour revenir du côté de l'avenue principale vers sa petite 50. Elle abandonne ses papiers dans le petit espace de rangement sous la selle, duquel elle extrait son casque.
C'est alors qu'elle aperçoit la voiture de son pauvre client, clignotant mis, prêt à partir, tourné pour voir arriver des voitures qui se succèdent comme des fourmis, indifférentes à son sort. Levant les yeux, Alice voit l'interminable file de voitures se prolonger jusqu'en haut de l'avenue. Amusée par le comportement du garçon, elle vient cogner à la vitre de sa portière passager. Il sursaute presque avant de reconnaître sa vendeuse maintenant en jean et T-shirt, un casque sous le bras. Un coup d'½il à la moto rouge a valeur de question pour la jeune femme qui acquiesce en souriant. Il ouvre enfin la vitre électrique. Elle lui lance alors :
- Eh ! Faut te lancer, sinon tu vas passer la nuit là...
Se mordant les lèvres comme il ne répond pas, elle ajoute aussitôt, hésitante :
- On peut se tutoyer ?
- Euh... Oui, bien sûr !
- Attends, je vais te faire passer.
Le jeune homme, plus ravi que surpris, la voit enfiler son casque avant d'enfourcher sa moto. Sa silhouette agréable et nerveuse paraît encore plus effacée sur la large selle d'un engin que Guillaume, en parfait néophyte, estime être une assez grosse cylindrée. Reculant en s'aidant de ses pieds, Alice jette un coup d'½il vers le conducteur d'une grosse berline qui s'arrête net. D'un mouvement de la tête, elle le remercie avant de laisser son client "décoller". Il lui adresse un léger signe de la main avant de s'engager dans la procession.
Surveillant à la fois la progression de la petite voiture devant lui et son rétroviseur, Guillaume voit la 50 se faufiler habilement autour de sa voiture avant de le doubler. D'un signe de la main, elle le salue avant de poursuivre sa rapide descente de l'avenue jusqu'au feu, auquel elle tourne à gauche. Lorsqu'il arrive à son tour au feu, Guillaume jette un coup d'½il distrait dans la direction qu'elle a empruntée, avec peut-être au fond l'espoir de revoir une fois ce rayon de soleil passé dans sa vie.
Il parvient enfin à s'engager sur la rocade, cette drôle de princesse à moto à l'esprit. Ses cheveux sous la lumière intense de l'halogène, son sourire à lui donner le bon Dieu sans confession, et ses yeux... Ses yeux. Un appel de phare dans son rétroviseur le rappelle brutalement à la réalité. Non seulement il empiète à moitié sur la berne, mais en plus il roule à soixante sur une rocade limitée à cent-dix ! Donnant un coup d'accélérateur, il se ressaisit en passant déjà la cinquième !
Bon sang, que lui arrive-t-il ? Pourquoi cette fille ne quitte-t-elle plus ses pensées ? Serait-ce possible que ce soit en train de lui arriver à nouveau ? A lui ? Après ce qu'il a vécu ? Il croise son regard dans le rétroviseur. Pourtant, quelle autre explication ?
- Eh oui, grand nigaud, tu es amoureux !
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